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Le Domesday Book. Dessin de William
Andrews, 1900.
Domesday
Book
Origine :
Le
Domesday Book : auteur, Osmond
Osmond
fut l’un des commissaires en chef chargés de l’élaboration du Domesday Book, ou
«Livre du Jugement dernier »
commandé par
Guillaume le Conquérant,
ce livre étant un relevé de toutes les possessions des chevaliers normands en
Angleterre, mais aussi dans d’autres pays. On peut y retrouver et reconstituer
ainsi bien des généalogies.
Osmond
était présent lors de la réunion durant laquelle le Domesday Book fut accepté
par les grands propriétaires qui, à cette occasion, jurèrent fidélité à
Guillaume le Conquérant
devenu leur souverain : « Freemans conquest ».
Osmond est né à Sées, chef lieu de l’Orne,fils d’un comte
de Sées nommé Henri de Centvilles et de Isabelle de
Conteville.
Il accompagne Guillaume le Conquérant dans sa conquête de
l’Angleterre, apparaît à la bataille d’
Hasting
en 1066, et son nom se trouve sur une stèle de l’abbaye de la Bataille, il
deviendra archevêque de Salisbury. Il est dit neveu de
Guillaume le Conquérant,
mais aussi cité comme son chapelain. Chancelier de Guillaume, nommé comte de
Dorset, toutefois, il n’est pas certain que ce titre lui appartienne, car dans
le Domesday Book il apparaît que des Osmond possédaient Derbyshire, Somerset,
Leicestershire et Nottingham.
Osmond sera chancelier du royaume d’Angleterre de 1072 à
1078, évêque de Sées en 1078. Il termine la cathédrale de Wiltshire en 1092,
consacrée le 5/4/1092. Il forme des missionnaires et fonde une école de clergé
tout en réorganisant les rites catholiques, il organise également des chapitres
et crée la liturgie du Vieux Sarum, « Register of St Osmund », collection de
documents avec ordre chronologique des offices, ainsi que des chartes et tout ce
qui avait un rapport avec son évêché de Sarum, construction excessivement bien
défendue et à la limite, inaccessible, relevant plus d’une forteresse que d’un
simple évêché. Cette refonte de la liturgie sera suivie par tous, gagna
l’ensemble de l’Angleterre, le pays de Galles, l’Irlande et l’Ecosse et
l’ordinal restera en usage jusqu’au schisme.
Son diocèse comprenait les comtés de Dorsetshire,
Wiltshire et Berkshire. Les vieux évêchés de Sherborne et Ramsbury furent
ajoutés. Pas moins de 32 chanoines bourrés de talents à ses ordres. Seuls deux
d’entre eux résidaient à
Sarum,
les autres étant disséminés sur tout le territoire. Osmond avait rassemblé une
bonne librairie pour ses chanoines, traduisant et reliant lui-même des livres à
l’occasion.
Décédé la nuit du 3/12/1099, d’abord inhumé au Vieux Sarum,
puis en juillet 1457, au nouveau Salisbury, dans un tombeau somptueux,
actuellement dans la sainte chapelle avec la simple mention « MXCIV » En 1228
déjà, l’évêque de Sarum et ses chanoines demandèrent à Grégoire IX la
canonisation, mais ce ne sera que 1er janvier 1457 qu’il sera béatifié sous le
nom d’Osmond, par Callistus III. En 1472, une indulgence spéciale avait été
promise par Sixtus IV pour une visite à la cathédrale où se trouvait son
cercueil. Commémoré les 4 décembre.
Guillaume de Malmesbury dira d’Osmond « qu’il était si
éminent dans la chasteté, strict et sévère pour les autres mais plus encore pour
lui, libéré d’ambition, il n’avait pas l’impudence de gâcher son intégrité ni
d’ambitionner la fortune d’autrui ».
Le Domesday Book (ou simplement Domesday), en français
Livre du Jugement Dernier[],
est l’enregistrement du grand inventaire de l’Angleterre
terminé en
1086,
réalisé pour
Guillaume le Conquérant,
l’équivalent de nos jours d’un
recensement
national.
Guillaume avait besoin de renseignements sur le pays qu’il
venait de conquérir pour pouvoir l’administrer. Alors qu’il passait Noël à
Gloucester
en 1085, le Conquérant « ayant parlé longuement avec ses conseillers, envoya des
hommes par toute l’Angleterre afin de découvrir combien chaque propriétaire
foncier possédait en terre et en bétail, et combien il valait » (Chronique
anglo-saxonne). L’un des buts de ce relevé
était de savoir qui possédait quoi, afin de le taxer. La décision des
contrôleurs était définitive – tout ce que disait ce livre à propos du
propriétaire, ou de l’estimation de sa propriété, était la loi et il n’y avait
pas d’appel possible. Il a été rédigé en
latin,
bien que quelques mots
vernaculaires
fussent compris pour traduire les termes indigènes sans équivalent autrefois
employé en latin. D’ailleurs, le texte était extrêmement abrégé.
Quand on désigna ce livre sous le titre de Domesday
(équivalent en
moyen anglais
du moderne Doomsday[])
en
1180,
c’était avec l’intention de mettre l’accent sur le caractère définitif et sur
l’autorité de celui-ci (l’analogie fait allusion à la croyance
chrétienne
d’un
jour du jugement)[3][]
En août 2006, les Archives nationales anglaises ont rendu
disponible une version du Domesday Book
en ligne
et en anglais.
Format du Domesday :

Une page du manuscrit.
En fait, le Domesday Book consiste en deux œuvres
indépendantes : l’une, dite Little Domesday (« Petit Domesday ») comprend des
renseignements à propos du
Norfolk,
du
Suffolk
et d’Essex.
L’autre, dite Great Domesday (« Grand Domesday ») concerne le reste de l’Angleterre,
excepté les territoires au nord qui plus tard deviendront les comtés de
Westmorland,
Cumberland,
Northumberland
et
Durham
(partiellement parce que quelques-uns de ces territoires étaient sous contrôle
écossais). Il n’y a aucun recensement de
Londres
ni de
Winchester ;
quelques autres villes ont aussi échappé à l’inventaire. L’omission de ces deux
villes majeures est probablement due à leur taille et à leur complexité ; le
Cumberland, qui ne fut occupé militairement que quelque temps après l’enquête,
est absent pour cette raison même ; de même, seul le
Prince-évêque
Guillaume de Saint-Calais
était en droit de taxer Durham. L’omission des autres comtés ne s’explique pas
complètement.
Malgré son nom, « Little Domesday » est en fait le plus
volumineux des deux recueils : il est plus détaillé et fournit le dénombrement
du cheptel. Il a été suggéré que Little Domesday représentait une première étape
du recensement, à l’issue de laquelle les autorités ont jugé impossible, ou au
moins inopportun, de poursuivre le Great Domesday d’une façon similaire.
Contenu du Domesday :
Dans les deux livres, l’inventaire des ressource est
classé selon les
fiefs,
et non d’après la géographie. Au lieu d’apparaître sous les « hundreds »
(c’est-à-dire les « centuries »,
ou districts ruraux gallo-romains) et
cantons,
les propriétés apparaissent sous les noms des
barons
locaux, c’est-à-dire ceux qui tiennent le territoire directement de la couronne
en redevance.
Dans chaque comté, la liste s’ouvre sur les possessions du
roi lui-même (qui ont dû faire l’objet d’un inventaire séparé) ; puis il y a
celles du clergé et des ordres religieux ; ensuite celles des propriétaires in
capite laïcs (les barons) ; et finalement celles des femmes, des serviteurs du
roi (servientes), de quelques thegns
angles
qui conservaient de la propriété, etc.
Dans certains comtés un ou plusieurs villages sont
recensés séparément ; dans quelques autres les clamores (titres de propriété
disputés) étaient pareillement traités à part : mais cette description
s’applique plus particulièrement au premier volume ; dans le « Great Domesday »,
le système est plus confus, l’exécution moins aboutie.
Outre les propriétés totalement rurales, qui constituent
la grosse majorité de l’inventaire, le livre contient des articles intéressants
sur la plupart des villes, probablement en raison des
droits féodaux
qui y étaient prélevés par la couronne. Ces impôts comprennent les anciens
droits coutumiers, le
droit d’ost,
le droit de marché et de foire, le droit de
monnaie
et ainsi de suite. La Couronne percevait également nombre d’impôts en nature
(comme la fourniture de miel) auprès des bourgs, des comtés et des nombreuses
seigneuries anciennes qui appartenaient au roi.
On trouve ainsi dans le « Little Domesday » de précieuses
indications sur l’histoire politique, personnelle, ecclésiastique et sociale.
Mais ce ne sont le plus souvent que simples allusions ou des commentaires de
circonstance. Bien qu’unique dans son genre et d’une valeur inestimable pour
l’étudiant, ce livre sera trouvé décevant et largement illisible sauf par un
spécialiste. Même des savants furent incapables d’expliquer des portions de son
langage et de son système. Cela est en partie dû à sa date très précoce, la
liaison sémantique par rapport à ceux réalisés plus tard après une longue
période est difficile.
Mais dans le Dialogus de scaccario (rédigé sous
Henri II)
on en parle comme d’une référence absolue (d’où son appellation populaire de
« livre du Jugement Dernier », traduction du titre anglais). Au
Moyen Âge,
son autorité était fréquemment invoquée dans les tribunaux, et encore de nos
jours il y a certains cas dans lequel on le consulte.
Pour le géomètre comme pour le généalogiste, il constitue
une source documentaire essentielle, car non seulement il fournit la plus
ancienne référence du nom d’un village ou d’un manoir, mais il donne dans la
majorité des cas le nom des héritiers. E. A. Freeman en a utilisé la plupart
pour son travail sur la
conquête normande.
Le recensement (1085-1086)
La
Chronique anglo-saxonne
révèle que le principe de ce recensement a été discuté et déterminé en
1085,
et du
colophon
du livre, on sait que l’enquête a été terminée en
1086.
Mais le livre (liber) bien que compilé depuis les résultats de cette enquête,
doit en être méticuleusement séparé ; il n’est pas non plus certain qu’il ait
été mit en forme l’année où l’inventaire fut fait.
Pour la mise en œuvre du recensement, chaque comté fut
visité par un groupe d’officiers royaux (legati), qui tinrent une enquête
publique, probablement dans la grande assemblée connue comme la cour du comté,
où les représentants de chaque village venaient tout comme les seigneurs locaux.
L’unité d’enquête était le
hundred
ou « centurie », (une subdivision du comté qui était alors une entité
administrative), et le résultat de chaque centurie était garanti par douze
administrateurs qui témoignaient sous serment de son intégrité — la moitié
d’entre eux Anglais et l’autre Normands.
Ce que l’on croit être une transcription complète de ces
résultats originaux est préservé pour plusieurs des centuries du
Cambridgeshire,
et est d’une grande importance pour illustrer. L’Inquisitio Eliensis, l’Exon
Domesday (ainsi appelé car le volume est conservé à
Exeter),
et le second volume du livre, contiennent exactement les mêmes informations que
le Domesday.
Un outil aux mains du
Prince.

Détail du manuscrit
L’on dispose de trois sources d’information pour l’objet
du recensement :
-
Un passage dans la
Chronique anglo-saxonne,
laquelle nous indique pourquoi il a été commandé,
-
La liste des questions posées aux responsables,
préservée dans l'Inquisitio Eliensis, et
-
Le contenu du livre et des enregistrements associés
mentionnés ci-dessus.
Bien que ces sources divergent dans le détail, il est
désormais généralement reconnu que le premier objectif du recensement était de
garantir et répertorier les ressources fiscales du royaume. Elles comprenaient
surtout
-
La taxe foncière nationale (geldum), payée sur une
évaluation fixe,
-
divers
droits d’accise,
et
-
les redevances des terres de la couronne.
Après une grande convulsion politique comme la conquête
normande, et la confiscation globale des biens fonciers qui suivit, il était de
l’intérêt de Guillaume de garantir que les droits de la couronne, dont il
affirmait avoir hérité, n’avaient pas pâti des événements. Plus particulièrement
visée : la volonté des successeurs normands de ne pas s'encombrer des
obligations de leurs prédécesseurs anglais.
Ce recensement prit donc note des noms des nouveaux
titulaires des terres et les évaluations sur lesquelles leurs taxes devraient
être payées. Mais il fit plus que cela : suivant les instructions du roi, il
essaya de dresser une liste nationale d’évaluation, d’estimer la valeur annuelle
du territoire national :
-
au temps de la mort d’Édouard
le Confesseur,
-
quand les nouveaux propriétaires les reçurent,
-
au temps de l’enquête
Plus tard, il calcula, par commande, la valeur potentielle
aussi. Il est évident que Guillaume désirait connaître les ressources
financières de son royaume, et probablement voulait-il les comparer avec leur
évaluation existante, qui était très ancienne, bien qu’il y ait des traces
qu’elle eût été modifié ponctuellement. La plus grande partie du livre est
consacrée à des détails assez arides d’évaluation et d’estimation des biens
ruraux, qui étaient alors la seule source importante de la richesse nationale.
Après l’évaluation du manoir, le registre notait la quantité de terres arables,
et le nombre d’équipes de laboureurs (tous calculé par groupe de huit bœufs)
disponibles pour travailler, avec le nombre additionnel (s’il y en avait) qui
pouvait y être employé ; puis les rivières-prairies, bois, pâturages, pêcheries
(c’est-à-dire petits barrages dans les ruisseaux), moulins, salines (pour les
bords de mer) et autres sources subsidiaires de revenu ; les paysans étaient
répertoriés en plusieurs classes ; et finalement la valeur de l’ensemble, passé
et présent, est estimée grossièrement.
Il est évident que, à la fois en valeurs et en mesurages,
les résultats du recensement sont très grossiers.
Le réarrangement, sur une base féodale, des résultats
originaux (comme décrit ci-dessus) permit au conquérant et à ses officiers de
voir avec facilité non seulement l’étendue des possessions d’un baron, mais
aussi de dénombrer et même de nommer ses serfs. Cela était d’une grande
importance pour Guillaume, tant pour des raisons militaires qu'à cause de sa
volonté tenace de contraindre les habitants à lui prêter directement serment
d'allégeance (bien que d'abord « serfs » de leur seigneur). Comme le Domesday
enregistre normalement seulement les prénoms des gens dépendant du seigneur, il
est vain d'y chercher les noms des familles se réclamant d’une origine
normande ; mais beaucoup a été et est encore fait pour identifier les serfs,
dont la grande partie portent des noms étrangers.
Transmission du Domesday Book
Du Moyen-âge au
XIXe siècle
Le Domesday Book fut longtemps conservé avec le Trésor de
la Couronne au château de
Winchester
(la capitale des rois normands). On le désignait alors comme le Livre de
Winchester, et une édition ultérieure lui donne le titre de Liber de Winlonia.
Quand le Trésor fut déplacé à Westminster, probablement sous le règne d’Henri
II Plantagenêt, le livre l’accompagna. De
1696
jusque sous le règne de la
reine Victoria,
il fut donc conservé dans la maison du Chapitre cathédral de Westminster, et
sorti seulement dans des circonstances particulières, comme lorsqu’on en fit une
reproduction photozincographique à
Southampton.
Il fut placé ultérieurement dans le
Bureau d'enregistrement
public à Londres. On peut aujourd’hui l’admirer
à travers une vitrine dans le musée des
Archives nationales,
à
Kew.
En
1869
il fut doté d’une reliure moderne.
L’impression du livre, en « mode enregistrement », fut
commencé par le gouvernement en
1773,
et le livre fut publié, en deux volumes en 1783 ; en 1811 un volume d’index fut
ajouté, et en
1816
un volume supplémentaire, indexé séparément, contenant :
-
L'Exon Domesday (pour les comtés du sud ouest),
-
L'Inquisitio Eliensis,
-
Le Liber Winton (recensement de
Winchester
au début du
XIIe siècle),
et
-
Le livre Boldon - un relevé de l’évêché
de
Durham
un siècle après Domesday.
Des
facsimilés
photographiques du Domesday, pour chaque comté séparément, furent publiés en
1861–1863,
également à l’initiative du gouvernement.
Pour les neuf cents ans de l’ouvrage, en 1986, les deux
livres furent à nouveau reliés, le Great Domesday étant relié en deux volumes et
le Little Domesday en trois volumes. L’ancien coffre où était conservé le
Domesday est aussi conservé au musée de Kew.
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